L’École Al Salam, dont le nom signifie “école de la paix”, scolarise gratuitement près de 2 000 enfants réfugiés syriens et constitue le projet phare de la Fondation des Enfants Syriens (SKF). En Octobre 2012, une équipe de bénévoles canadiens fonde l’école à Reyhanli, en Turquie, à près d’1,6 km du passage frontalier le plus emprunté entre la Syrie et la Turquie. À l’ouverture de l’école, les bénévoles s’attendaient à inscrire près de 300 élèves. Toutefois, la demande fut bien plus forte: plus de 1 000 enfants faisaient la queue aux portes de l’école. Les bénévoles les ont tous acceptés et ont redoublé d’efforts pour subvenir aux besoins croissants de la population de réfugiés syriens. Ils ont construit un deuxième étage, ont recruté davantage d’enseignants réfugiés syriens (atteignant aujourd’hui les 60) et se sont mis à dispenser cinq séries de chaque cours, tous les jours, de 7 à 18 heures. L’école scolarise aujourd’hui 1 880 élèves, et ce pour toutes les classes primaires et secondaires. Il y a aujourd’hui 1 000 autres enfants sur liste d’attente.

Le Besoin

L’ampleur de la tragédie de la guerre syrienne et son impact dévastateur sur l’éducation de ses enfants est de plus en plus accablante. Le nombre d’enfants syriens, âgés de 5 à 14 ans, à ne pas être scolarisés est monté en flèche et a même décuplé en passant de 300 000 en 2012, à 3 millions en 2015, selon l’Organisation des Nations Unies. Plus de la moitié de la population réfugiée syrienne a fui vers la Turquie. Plus de 85% des 816 000 réfugiés en âge d’aller à l’école vivent en dehors des camps et ne peuvent donc recevoir ni d’aide humanitaire de base, ni d’éducation. La population réfugiée syrienne de Reyhanli dépasse les 50 000, dont la grande majorité vit hors camps, sans aucun accès à la scolarité (HCR, 2014). Les principaux obstacles à la scolarisation des enfants réfugiés sont: le manque d’écoles enseignant dans leur langue maternelle – l’arabe, le prix élevé des moyens de transport pouvant les amener et les chercher à l’école, et l’exploitation grandissante des enfants au travail. Face à ces fardeaux, le nombre d’enfants scolarisés s’est effondré. Alors qu’en Syrie, avant la guerre, la scolarisation des enfants était quasi-universelle, en Turquie, aujourd’hui seul 14% des réfugiés syriens en âge d’être à l’école primaire sont inscrits à l’école. Ces enfants souffrent de traumatismes et de séquelles physiques et psychologiques graves, dus à leur exposition à des violences atroces et à leur perte d’êtres chers. Sans le soutien moral et éducatif d’une communauté scolaire encourageante, les enfants non-scolarisés risqueraient fortement d’être contraints à travailler, ou d’être radicalisés par des groupes extrémistes, ou pour les filles, d’être forcées au mariage précoce.

L’École

Notre école est une bâtisse louée, en béton, à deux étages, composée de 19 salles de classe, d’un laboratoire informatique, d’un laboratoire scientifique, d’un jardin, d’une cour extérieure couverte pour l’activité sportive, et d’une oliveraie. Partez en visite guidée virtuelle de l’école ici! Nos élèves sont âgés de 6 à 17 ans, et comptent certains des enfants les plus marginalisés de la communauté de réfugiés: 150 orphelins, 120 analphabètes et un certain nombre d’enfants handicapés. Chaque année, de mi-Juin à Août, l’école programme des cours d’apprentissage accéléré pour les réfugiés nouvellement arrivés, ainsi que des cours de rattrapage pour les élèves en difficulté, afin de les préparer à la rentrée scolaire en Septembre.

Que paient les élèves?

Aller à l’École Al Salam ne coute absolument rien à nos élèves : frais de scolarité, manuels, fournitures et papeteries leur sont assurés grâce à des donations financières et matérielles. L’École bénéficie de partenariats clés avec des organisations telles que : Sunrise USA, la Fondation Karam (qui a fait don d’un laboratoire informatique), et la Communauté d’Éducation Syrienne (finançant l’achat de manuels scolaires). L’école dispose de deux bus qui transportent le personnel et les élèves, de chez eux à l’école et de l’école à chez eux, cinq fois par jour, ce qui est indispensable à la scolarisation des enfants.

Qu’apprennent les élèves?

Al Salam fonctionne selon un cursus syrien modifié, dont la langue principale demeure l’arabe, afin que les enfants puissent éventuellement, un jour, réintégrer leur système éducatif en Syrie. L’anglais et le turc sont également enseignés, de manière intensive, tout au long du primaire et du secondaire. L’ensemble des salariés enseignant à l’école sont des professionnels ayant au moins cinq ans d’expérience. Chaque année, l’école dispense 20 heures de formation à ses professeurs, au préalable et au long de leur embauche, en méthodologie d’apprentissage actif. Ces formations aident les enseignants à encourager la pensée critique et la confiance en soi de leurs élèves afin qu’ils expriment plus librement leurs idées et questions. L’école jouit chaque année des généreux dons d’expertises et de temps que lui dédient près de 150 volontaires internationaux. Ces bénévoles procurent des cours d’enrichissement, forment les enseignants, et offrent des entrainements techniques aux élèves. Nos bénévoles ont organisé, des ateliers sur place et ont donné des cours d’anglais, de leadership, de montage vidéo, d’informatique et d’artisanat. L’école a notamment créé un parlement des élèves qui vise à enseigner la valeur et les responsabilités de la participation civique et démocratique à la prochaine génération syrienne. Ensemble, les enseignants et les bénévoles veillent à assurer le droit des enfants à l’éducation et à leur offrir un lieu sûr et un environnement qui leur soit adapté. Ils permettent ainsi aux jeunes réfugiés gravement affectés d’oublier la guerre, d’avoir une vie sociale, de vivre librement, de jouer, de s’épanouir et de redevenir des enfants.

Malgré les difficultés que auxquelles sont confrontées la communauté de réfugiés, au cours de l’année scolaire 2014/2015, nos élèves ont atteint un taux impressionnant de 91% de présence quotidienne et 80 de nos élèves en dernière année ont décroché un diplôme d’équivalence de secondaire Turc. L’école a su attiré l’attention de chaines d’informations majeures telles que CBC et NBC, qui ont tourné des reportages au sujet de notre école afin d’informer leurs visionneurs des avancées faites par l’école Al Salam.

Le Budget de l’École Al Salam

La Fondation des Enfants Syriens (SKF) est entièrement initiée par un travail bénévole, et grâce à son réseau de bénévoles et de donateurs engagés, l’école Al Salam bénéficie grandement de contributions en nature ainsi que de donations de nos partisans. Ces contributions se partagent entre le directeur de l’école qui gère l’école à temps plein comme bénévole, les voyages et le temps offerts par les étudiants diplômés et les professeurs des universités et les organisations bénévoles de par le monde qui fournissent des classes d’enrichissement aux étudiants et aux enseignants, qui donnent des ordinateurs portables, des manuels et d’autre matériel d’apprentissage.

L’école Al Salam a besoin d’environ 50 000 $USD par mois afin de fonctionner correctement. Cela se traduit par environ 1$ par mois pour éduquer un étudiant refugié. Le salaire du personnel et le transport représentent 80% des dépenses mensuelles. A l’exclusion des bénévoles internationaux, tous les autres membres du personnel de l’école (enseignants, personnel de soutien et chauffeurs de bus) reçoivent une indemnité afin de soutenir leurs familles. Tous ses membres du personnels sont des refugiés syriens, à part les chauffeurs de bus turcs engagés localement. L’école Al Salam joue un rôle clé en tant qu’éducateur mais est également source de soutien financier pour la communauté de refugiés syriens à Reyhanli. Alors que le conflit en Syrie se prolonge, les volontaires de la fondation pour les enfants syriens rencontrent de plus en plus de difficultés à trouver des fonds nécessaires pour mener à bien leurs activités.

 

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