Alice Bernard - Étudiante et productrice de films

Dès notre arrivée, toute la communauté de l’école nous a très chaleureusement accueillis. La cour était pleine d’enfants en train de jouer, et déjà, nous commencions à fondre sous le soleil de cette journée d’été. Diego et moi avions posé nos valises, le sourire aux lèvres… c’était ici que nous allions passer le prochain mois et demi.

Le projet de faire du bénévolat à Reyhanli nous était venu d’une façon totalement inattendue. Un ami nous avait présentés à un activiste syrien à Montréal, qui nous avait suggéré l’idée, après nous avoir entendu parler de notre envie de voyager dans la région afin d’apporter de l’aide aux réfugiés. Un mois plus tard, nous nous trouvions à l’école Al Salam pour réfugiés syriens, à la frontière turco-syrienne.
Au cours de nos premières semaines là-bas, notre rôle était surtout d’amener de nouvelles idées créatives aux activités de l’école. Le but étant de faire oublier la guerre aux enfants et de leur permettre de s’exprimer à travers l’art, des projets artisanaux et des activités sportives. Diego et moi avons organisé projets environnementaux et politiques: nous avons transformé des bouteilles en plastique en boites à stylos que nous avions peintes, créé un grand jardin, planté différents légumes avec les enfants. En collaboration avec un professeur de leadership, Abdullghafar, qui a travaillé à l’ONU, nous avons même organisé une campagne électorale pour les élèves.

Je me suis sentie chez moi à l’école Al Salam. Chaque matin, la voix des enfants chantant leur chanson d’école matinale nous réveillait et chaque après-midi s’écoulait entre gorgées de thé, jeux d’extérieur au soleil, et l’arrosage du jardin et des oliviers. Bien que la barrière de la langue rendait la communication difficile, nous nous sommes rarement sentis seuls puisque les Syriens nous invitaient partout! Nous nous sommes fait beaucoup d’amis là-bas, entre les professeurs qui nous invitaient à de délicieux repas familiaux et les boulangers, en passant par les vendeuses de rue, toujours ravies de papoter. Il y avait une atmosphère de proximité et de solidarité.

Au fil des semaines, Diego et moi sommes devenus beaucoup plus conscients de la crise à la frontière syrienne. Nous avons ressenti le besoin d’aller plus loin que notre bénévolat en documentant la situation des réfugiés à Reyhanli. Avec l’aide de la directrice Mme Hazar, nous avons interviewé des professeurs et amis syriens et leur avons demandé de partager avec nous, leurs propres histoires et perspectives, avec l’espoir de mettre en lumière leurs fragiles conditions de vie. Ces interviews furent publiées plus tard dans le livre de Diego Seven Syrians et dans le court-métrage Waiting At the Border: Voices of Syrian Refugees in Turkey.
Finalement, cette expérience nous a permis de réaliser à quel point la cohésion humaine peut se renforcer dans de tels contextes. C’était incroyable de découvrir la force des liens de solidarité qui se sont tissés entre tous les Syriens, et surtout, le dévouement des professeurs à l’école et aux enfants.

C’est le cœur serré et avec la promesse de revenir, que nous avons quitté Reyhanli. Selon moi, l’École Al Salam représente le succès d’une authentique solidarité humaine et un bel exemple de l’aptitude des gens à se rassembler dans des situations si chaotiques. À ce jour, Diego et moi maintenons contact avec des professeurs et amis de l’école et espérons que celle-ci se développera d’avantage grâce à l’aide de généreux donateurs.

Chadi Alhelou - Acteur et directeur basé au Canada

J’étais extrêmement ravi de faire du bénévolat à l’École Al Salam, basée en Turquie. La première chose qui m’a marqué était le bonheur des enfants à l’école, vivant maintenant dans un environnement joyeux, loin de la guerre et de la violence qu’ils ont fui.

Ma participation comprenait l’enseignement et la formation des élèves, et l’apport d’un soutien psychologique dès que j’en avais l’occasion.

Je me suis senti chanceux de pouvoir contribuer à un projet si important, qui m’a donné espoir en l’avenir de la Syrie.

Omar Shawaf - Etudiant et adjoint de recherche à l'université McMaster

Mon séjour à l’école Al Salam était spontané et m’a paru pourtant comme une évidence. Un jour, je travaillais au labo, et le lendemain, je prenais l’avion pour la Turquie. Arrivé à Reyhanli, je pouvais voir la Syrie tout autour de moi. La terre, les arbres, les senteurs apportées par le vent m’ont transporté… Je devais constamment garder en tête que, malgré les nombreuses similarités, je n’étais pas en Syrie. Je me sentais en sécurité.

Durant le temps que j’ai passé à Al Salam, j’ai eu l’opportunité de me plonger dans autant de projets qu’il y a d’heures dans la journée. Avec mon intérêt prononcé pour la santé et la médecine, j’ai travaillé tous les jours à l’ombre du psychiatre résident de l’école, Dr Kurdi. J’ai également travaillé en étroite collaboration avec deux étudiants, Waseem et Marwa, avec laquelle je suis toujours en contact aujourd’hui. Un des projets intéressants que j’ai pu apporter à Reyhanli a été de mettre en contact une classe canadienne avec une classe de l’école Al Salam. Ce projet était unique dans le sens où nous avons pu explorer différents aspects de la vie canadienne, tandis que la classe au Canada a pu découvrir la vie en Turquie, avec pour objectif de familiariser nos élèves aux communautés internationales. Ce projet a été approfondi lorsque nos camarades canadiens ont écrit un scénario que nous avons tourné à Al Salam, suivi d’une session skype générale entre les deux classes.

 

Etant normalement attaché à mes huit précieuses heures de sommeil par nuit, je me suis retrouvé à me réveiller naturellement et systématiquement aussi tôt que 6 heures du matin au son énergisants des enfants tout excités de commencer leur journée à l’école. Ce sont ces matins passés à l’école Al Salam qui m’ont fait réaliser que le bonheur pouvait prendre la forme d’un son. Cependant, la première chose qui m’a étonné au sujet de cette école est le sentiment de solidarité et de communauté qu’elle véhiculait. J’ai du mal à parler de ce refuge à Reyhanli comme d’une école, car c’est en fait une communauté. Quand on y pénètre, on se retrouve dans un petit village, avec une clinique psychiatrique et dentaire, un jardin, et un enclos nouvellement établi pour accueillir les moutons, lapins et canards de l’école.

 

Durant mon séjour à Al Salam, j’ai développé un lien spécial avec la principal Mahayni, toutes mes journées démarrant et s’achevant en sa compagnie. Chaque jour j’étais époustouflé par l’énergie de la principale Mahayni. Je l’ai souvent accompagnée durant ses virées de deux heures dans les villes voisines pour garantir des ressources pour l’école. Elle trouve constamment de nouveaux moyens de stimuler ses élèves, que ce soit à travers un abonnement de soccer au centre de récréation local, ou alors un programme d’arts culinaires. Son amour et sa dédication profonde à ses élèves est la raison pour laquelle elle est devenue mon modèle.

 

SKF se soucie des enfants réfugiés syriens et leur donne une voix. Comme le dit si bien Sydney J. Harris, “le but ultime de l’éducation est de changer les miroirs en fenêtres”. L’école Al Salam a ouvert les fenêtres de l’opportunité pour ces enfants afin qu’ils puissent commencer à explorer et rêver d’un monde au-delà d’une guerre malheureusement si familière. C’est en voyant la différence que SKF fait dans la vie de ces enfants que j’ai décidé d’être le fier organisateur d’un concert-bénéfice, “Talent pour la Syrie”, qui a collecté 100,000 dollars pour l’amélioration de l’école Al Salam. Aujourd’hui, je continue de représenter SKF lors de divers évènements de levées de fonds. De plus, j’ai été inspiré pour devenir un fervent défenseur des égalités d’opportunité pour tous les enfants, ce qui m’a mené à lancer un service de tutorat sur Skype pour les élèves d’Al Salam à mon université. J’espère retourner bientôt à Al Salam.

 

Rasha El Mouatassim Bih - Etudiante à l'université McGill

Je travaille avec SKF depuis décembre 2014, lorsque j’ai entendu parler de la fondation pour la première fois à travers un ami. J’étais si touchée par leur mission que je me suis dit qu’il fallait que je contribue d’une manière ou d’une autre. Je rédige une infolettre bimensuelle à tous ceux qui nous soutiennent, pour les informer de nouvelles et informations réjouissantes à propos de l’école Al Salam, nos élèves, ainsi que l’équipe de SKF basée ici à Montréal. Une partie de ce travail comprend également d’écrire au sujet des épreuves auxquelles les élèves d’Al Salam sont confrontés, et de la manière avec laquelle ils réussissent à les surmonter grâce à leur vie à Al Salam. Ce travail permet aux amis et donateurs de fondation de connaître ces enfants adorables et brillants, ainsi que le travail que nous accomplissons. Je n’ai jamais rien fait d’égal à mon travail avec SKF. C’est un environnement unique de diversité et d’ouverture, où nous sommes amenés à nous écouter les uns les autres et à apporter chacun notre propre expertise, pour obtenir des résultats remarquables. Mon expérience ici, avec les gens que j’ai rencontrés, et les histoires que j’ai entendues, est quelque chose de spécial que je garderai en moi à vie et dont je me souviendrai toujours;

Noor Shawaf - Pharmacienne

Ma visite à l’école Al Salam à Reyhanli, en Turquie était spéciale. J’ai été à l’école pour faire du bénévolat et aider les enfants syriens réfugiés avec ce que j’avais à offrir. Nous avons créé un concours d’ingénierie pour les enfants. Nous les avons mis en groupes de 4, et les avons mis au défi de construire le plus solide des ponts, sur la base de plans techniques. Les enfants m’ont épatée par leur énergie et leur créativité! J’ai également eu la chance d’enseigner l’anglais aux élèves, et de les voir s’y améliorer. Ils apprennent extrêmement vite. Etant restée parmi les enfants durant trois semaines, j’ai pu les connaître individuellement. Chacun d’entre eux a son propre talent, et ses ambitions uniques. Leurs personnalités radieuses s’accompagnent néanmoins d’une histoire difficile. Chacun d’entre eux a traversé de nombreuses épreuves, et demandaient seulement une chance d’apprendre et d’avancer. J’ai aussi eu l’opportunité de rencontres les élèves de lycée. Ils étaient très sociables, c’était très agréable de communiquer avec eux. Ils rêvent tous d’un meilleur avenir. A la fin de mon séjour, j’ai réalisé que j’avais reçu bien plus des élèves que ce que j’étais capable de leur offrir moi-même. J’espère pouvoir les revoir un jour.

Elsa Bendine - Etudiante en Etudes Moyen-Orientales et Développement International (Université McGill)

Depuis de nombreuses années, je suis passionnée du Moyen-Orient. Nulle autre région ne peut aussi bien représenter l’incroyable richesse de notre monde, à travers sa diversité culturelle unique et sa complexité infinie. Alors que le monde fait face à une terrible crise humanitaire, je suis intimement convaincue que, en tant que jeune femme ayant eu la chance inouie d’être soutenue par ma famille dans mes études, il est de mon devoir de réaliser que ma situation n’est pas représentative de celles de trop d’enfants et de filles qui en sont privés, surtout parmi les populations réfugiées parmi lesquelles le mariage d’enfants est un problème important.

Il est de notre responsabilité de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter d’avoir une génération perdue de réfugiés syriens, de nous battre pour leur donner la chance qu’ils méritent, pour leur permettre de retrouver espoir, d’être à nouveau heureux, d’être des à nouveau enfants.

A SKF, je donne des cours à une réfugiée syrienne pour la préparer à son examen de TOEFL, car elle a été sponsorisée par l’université Concordia pour poursuivre ses études à Montréal. Je participe également aux ventes de gâteaux hebdomadaires, et prends en photos tous nos évènements.  

Chedine Tazi - Etudiante à McGill - Développement International

J’ai rejoint l’équipe de SKF durant l’été 2015, après avoir assisté à une conférence qui m’a ouvert les yeux sur l’ampleur de la crise des réfugiés syriens. J’ai tout de suite été impressionnée du dévouement et de la générosité de chacun des membres de la fondation.

Depuis que je fais partie du programme de tutorat en anglais, je peux témoigner du sérieux, de la curiosité et de la résilience des élèves d’Al Salam, qui débordent de vie. Mon élève, Dunia, est si appliquée à améliorer son anglais ! Au début, j’ai été confrontée au défi d’enseigner à travers Skype, d’autant plus que l’anglais n’est pas ma première langue. Cependant, après quelques semaines, mon groupe et moi avons pu développer nos plans de cours et créer notre propre système de tutorat… et ça marche ! C’est très encourageant de voir que nos élèves s’améliorent de jour en jour. A travers ce programme unique, j’ai réalisé l’impact du rôle de l’éducation dans la vie des enfants syriens réfugiés. Alors que les médias évoquent aujourd’hui une « génération perdue », il est de notre responsabilité de démentir cette vision, en utilisant l’éducation comme outil principal pour permettre aux enfants syriens de rebâtir leur avenir.  

 

Diego Cupolo - Journaliste et Photographe

La Fondation des Enfants Syriens (SKF) et l’école Al-Salam procurent la forme d’aide humanitaire la plus cruciale. Basée à Reyhanli, Turquie, proche de la frontière syrienne, l’École Al-Salam offre une éducation gratuite et un environnement sécurisé pour de jeunes réfugiés syriens afin d’apprendre, de jouer et de s’épanouir d’une manière qui n’était même pas imaginable au début du conflit.

Après mon volontariat à l’école pendant l’été 2013, je peux facilement dire qu’Al-Salam procure l’un des services les plus nécessaires, dans une zone de concentration de réfugiés, au long de la frontière syrienne, où les enfants représentent plus de la moitié de la population totale de réfugiés. Al-Salam donne à ses élèves la possibilité de poursuivre leur éducation et la chance de demeurer au sein de la communauté syrienne, tout en vivant dans un pays étranger.

Avec une large zone de cour et de jardin, les élèves d’Al-Salam sont capables de jouer, d’être libres et d’être simplement enfants à nouveau – une notion qu’ils n’ont surement pas ressenti depuis le début de la guerre en 2011. En procurant un espace à l’éducation et au rire, Al-Salam offre aux jeunes réfugiés syriens la rare opportunité de se renforcer au cours d’une période très difficile de leur vie. Au final, les enfants de la Syrie n’ont rien à faire avec ce conflit, alors pourquoi devraient-ils en subir les plus graves conséquences? SKF épargne la plus jeune génération de Syriens de la tragédie de la guerre et j’espère qu’elle poursuivra son excellent travail bien après la fin de la guerre afin de guider la nouvelle génération de Syriens vers un avenir paisible.

Lina Sergie Attar - Co-fondatrice de la Fondation Karam

Nous avons été accueillis, les bras ouverts par la directrice, Hazar Al Mahayni. Elle nous a aidés au niveau logistique afin de faciliter notre voyage au plus possible. Elle a aussi accueilli plus de 35 mentors progressifs et innovateurs qui avaient fait le voyage depuis les quatre coins du monde pour lancer des ateliers d’art, de sport, d’arts littéraires, d’écriture et de photographie, en plus d’une mission de soins dentaires complets. Mme Al Mahayni est convaincue qu’exposer les élèves Syriens à de nouveaux arts, des compétences et des perspectives nouveaux ne peut qu’enrichir leur éducation et les aider à voir plus loin que le désespoir et le traumatisme de la vie quotidienne de réfugié.
Les idéaux et principes de Zeitouna s’accordent parfaitement avec la méthodologie de l’École Al Salam. Nous avons pu travailler avec les enfants en les traitant comme des enfants ordinaires, de n’importe quel autre pays : avec liberté, respect et attention.

Nous avons également eu une fantastique expérience avec les professeurs et coaches. Ils étaient très serviables et aussi désireux d’apprendre des mentors également.

Nous avons hâte de retourner à l’École Al Salam cet été avec une nouvelle équipe de mentors – comprenant un groupe de psychologues-sociologues entier, afin de travailler avec les élèves et professeurs.

Nous admirons Mme Al Mahayni et son équipe pour le dévouement qu’ils consacrent à plus de 1200 élèves syriens à l’École Al Salam. Ils travaillent sans répit pour changer la réalité de ces enfants et pour leur procurer la meilleure éducation possible. Ils assument ainsi la responsabilité de soutenir la nouvelle génération de Syriens qui constitue le futur et l’espoir de tout le pays. Il n’y a de mission plus noble. Et pour cela, ils ont tout notre respect et soutient.

Zack Baddorf - Journaliste basé aux États Unis

L’École Al Salam est un endroit fantastique. J’ai passé d’excellents moments en y donnant des ateliers sur le tournage, la production et l’édition de vidéos, aux élèves et aux membres de la faculté. Ils voulaient être capables de transmettre les histoires et les vies des Syriens ayant pris refuge en Turquie. C’était un honneur de les aider à acquérir certaines compétences techniques pour y parvenir, et à les guider dans le processus de leur narration. Tant de joie et de tant de bonheur se fait ressentir à cette école! J’ai très hâte de voir quelles belles choses l’école va encore faire pour aider ces enfants, la Syrie de l’avenir, à se reconstruire.